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Les choix – 1 -

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« Où le choix commence, finissent le paradis et l’innocence. », Arthur Miller

Comme promis, je fais suite à mon post “Le super-pouvoir“, au sujet des choix que l’on est amené à faire parfois un peu malgré soi, mais qui représentent le meilleur moyen de décider de sa vie…

Est-ce que vous avez déjà ressenti cela : le sentiment que la décision que vous devez prendre va avoir un impact déterminant sur le tournant que va prendre votre vie ? Comme s’il allait y avoir un “avant” et un “après” ? Depuis quelques années, cette sensation me revient de plus en plus souvent. La sensation que je ne peux plus me permettre de me laisser porter, qu’il faut que je prenne ma vie en main, là, maintenant, pour être en accord avec moi-même, quitte à me bousculer un peu, à aller à l’encontre de mes parents (ah! leur avis compte tellement, non?), de mes amis, de ce que tout le monde imagine de moi, quitte à souffrir… pour mieux rebondir.

Et put** qu’il est difficile de prendre des chemins de vie que notre entourage était loin d’envisager pour nous… (Si tu me lis, toi qui te reconnaîtras, je pense que ceci doit te parler… ;) ). Mais c’est le meilleur moyen de vivre sa vie et de ne pas la subir… Mais ça ne veut pas dire que ça la rend plus facile pour autant…

C’est pour cela aussi que ces choix sont souvent si difficiles à faire… En prenant cette décision, on ouvre une porte sur l’inconnu, sur les doutes… Il faut laisser derrière soi l’enfant que l’on était, qui suivait l’avis de papa et de maman, qui suivait le chemin qu’ils avaient tracé pour lui pour vivre enfin sa propre vie, avec ses propres aspirations, ses erreurs. Il faut leur lâcher la main pour continuer son chemin tout seul. L’expression “couper le cordon” prend tout son sens : prendre des chemins de traverses, sortir de la route que quelqu’un d’autre avait tracé pour nous, c’est un peu renaître une deuxième fois et devenir un peu plus soi-même ! C’est peut-être cela, devenir adulte? Faire ses porpres choix, les assumer et devenir celui ou celle que l’on aspire à être.

Changer radicalement de direction, c’est aussi se confronter au regard des autres, à leur jugement, à leur mine sceptique. C’est prendre le risque de na pas être suivi dans sa nouvelle vie… Se détacher du regard des autres… Quelque chose avec laquelle j’ai encore un peu de mal… Mais c’est aussi être surpris par la réaction positive de la part de personnes dont on n’attendait rien!

Tant de risques à prendre pour enfin être en accord avec soi-même… Bien sûr, on peut se tromper. Mais je suis persuadée que rien n’arrive par hasard dans la vie…. Le job de mes rêves me passent sous le nez (trois fois même)? C’est parce qu’il y a mieux ailleurs ! Chaque coup dur, chaque chute est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur soi, après tout. Avec le recul, c’est toujours ce que je me suis dit. Car évidemment, sur le moment c’est parfois plus difficile d’être lucide. C’est pour cela que je pense qu’il n’y a pas de mauvais choix. Et que ça vaut la peine de bousculer un peu sa vie, son entourage, pour être en accord avec soi-même! Finalement, jusqu’à maintenant, les choix que j’ai eu à faire, je ne les ai jamais regrettés!

L’auteur coup de coeur : Martin Suter

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Ca fait un petit moment que je n’ai plus écrit de vrai article il me semble, mais voilà, vous connaissez le résultat de l’équation : beaucoup de travail + flemmingite aiguë une fois rentré chez soi…

Pour me rattraper, je vais partager avec vous aujourd’hui le coup de coeur que j’ai eu pour l’auteur Martin Suter, en espérant que ce petit article vous donnera envie de vous plonger dans l’un ou l’autre de ses livres (ou dans tous, comme moi).

J’ai découvert cet auteur l’année passée, je ne sais plus par quel concours de circonstances, sans doute lorsque j’ai commencé à travailler à la bibliothèque. Avant cela, je ne le connaissais que de nom et je ne m’y étais jamais vraiment intéressée. Puis un jour j’ai acheté Le Diable de Milan, que j’ai lu d’une traite. Suite à cela, j’ai fait une de mes traditionnelles petites crises de monomanie, comme cela arrive souvent lorsque je découvre quelque chose de nouveau et qui me plaît : j’ai lu tous ses livres à la suite! Ca m’a fait pareil lorsque j’ai découvert la salade de pommes de terre à la japonaise : il fallait que j’en mange au moins une fois par semaine. Ca vous le fait à vous aussi? De faire une fixette sur une seule chose pendant un certain temps? Vraiment, à moi cela m’arrive tout le temps! Enfin, bref…

Martin SuterEn quelques mots, Martin Suter est un auteur suisse (cocorico!), enfin… suisse-allemand pour être plus précise. Il a d’abord travaillé dans la publicité avant de se… Bon… Stop, stop, stop… On s’en fiche un peu, non? Si vous voulez en savoir plus sur sa vie, il y a l’article de Wikipédia et Google.

Je mentionne juste que deux de ses livres ont été adaptés au cinéma : Un ami parfait, sous ce même titre, en 2006, par le réalisateur Francis Girod et Small world, en 2011, sous le titre “Je n’ai rien oublié”, par Bruno Chiche.

Je ne vais pas vous faire le topo de tous ses livres, seulement des trois que j’ai préférés, même si le choix n’a pas été facile…

 

Le diable de Milan

 

« Tu es assis quelque part et brusquement tout se transforme. Les choses les plus familières deviennent soudain étranges et menaçantes. »

 

Diable de MilanSonia, tout juste sortie d’un mariage étouffant, trouve refuge dans un hôtel de luxe en Engadine, où elle est engagée comme physiothérapeute. Mais elle n’aura pas le loisir d’y trouver la sérénité qu’elle est venue y chercher. Affectée d’étranges troubles de la perception, la jeune femme tente d’établir un lien entre les étranges événements qui surviennent depuis son arrivée.
Comme je l’ai dit plus haut, c’est le premier livre que j’ai lu de cet auteur. Ce n’est peut-être pas son meilleur, mais j’ai une affection toute particulière pour lui car c’est celui qui m’a donné envie de découvrir les autres. J’ai vraiment adoré cette aura de mystère qui nous tient en haleine tout au long du récit. L’atmosphère y est pesante et le rythme est plutôt lent, mais le suspense toujours bien présent. L’hôtel de luxe, grande bâtisse chargée d’histoire doté d’un spa ultra-moderne, est un personnage à lui tout seul, tantôt refuge sécurisant, tantôt prison dorée. Certains lui reprochent une fin un peu bâclée, j’ai été moi-même un peu surprise, mais pas déçue pour autant.

 

La face cachée de la lune

 

 ”Ce qui l’inquiétait, ce n’était pas tant la perte apparente de contrôle sur la bête qui l’habitait : c’était que cette perte lui était indifférente.” 

 

Face cachéeUrs Blank, avocat d’affaire à Genève, est à la recherche de nouveaux horizons, de nouvelles sensations. Il croit trouver de quoi surmonter sa crise d’identité lorsqu’il rencontre Lucille, une jeune hippie qui va l’initier aux champignons hallucinogènes. Lors d’une mystérieuse cérémonie initiatique en pleine forêt, Blank ingère un champignon aux effets encore peu connus. Cette expérience va bouleverser sa vie, le transformant à jamais, révélant littéralement la bête qui sommeille en lui (sa vraie nature?).
A mon avis, il s’agit là du chef d’oeuvre de Martin Suter. Si vous ne devez en lire qu’un, lisez celui-ci. Il ne s’agit pas (seulement) d’un livre sur les effets de la drogue. C’est tout à la fois un thriller psychologique, un roman d’initiation, un conte philosophique et surtout une magnifique ode à la nature, à la forêt.
Si je n’ai pas réussi à vous convaincre, peut-être que cette petite vidéo y parviendra, je suis tombée dessus un peu par hasard… : Arts et culture – La face cachée de la lune

 

Le cuisinier

 

“J’ai appris à l’époque que cuisiner, ce n’est rien d’autre que métamorphoser. Du froid en chaud, du dur en moelleux, de l’aigre en doux. C’est pour cette raison que je suis devenu cuisinier. Métamorphoser les choses me fascine.”

 

CuisinierMaravan, jeune réfugié tamoul, coupe les légumes et fait la vaisselle au Huwyler, un restaurant suisse ” nouvelle cuisine ” fréquenté par le monde de la presse et de la finance. Il est pourtant loin de n’être qu’une petite main : au Sri Lanka, il était un cuisinier prometteur, spécialiste des préparations ayurvédiques. Devenu en Suisse un fin connaisseur de la cuisine moléculaire, il se lance, chez lui, dans des expériences sophistiquées pour retrouver les fumets de sa jeunesse. Lorsque Andrea, son ancienne collègue qui rêve de se mettre à son compte, lui propose qu’ils s’associent pour réaliser des dîners aphrodisiaques à domicile, Maravan hésite un temps, craignant de corrompre sa passion. Mais la nécessité de porter secours à sa famille l’emporte vite…
LE livre sensuello-gastronomique (oui, j’invente des mots) par excellence. Ce livre se goûte, se dévore, se savoure. Vraiment. Les saveurs sont là, sur le bout de notre langue, elles éclatent en bouche, les odeurs chatouillent délicieusement nos narines. C’est un livre qui fait saliver et nous met l’eau à la bouche. Et cette sensualité omniprésente … Ahlala… La galerie de personnages qui traverse ce roman est également très étendue : une call-girl éthiopienne, un grand chef suisse, une sexothérapeute, des businessmen pakistanais, un marchand d’armes thaïlandais, un enfant soldat sri lankais…
Petit plus : les recettes décrites dans le livre sont répertoriées et détaillées à la fin de l’ouvrage. De quoi éprouver par vous-mêmes les effets de la cuisine ayurvédique sur votre libido. Mais les préparations n’ont pas l’air à portée de tous, il faut croire que cela se mérite! Personnellement, je ne suis pas allée jusque là!

 

J’espère que ce petit voyage au pays de Martin Suter vous aura plus! Comme vous pouvez le constater, j’ai été conquise! J’aime beaucoup la façon qu’il a, dans tous ses livres,  d’aborder les thèmes de la transformation de la personnalité, de l’être et du paraître, en faisant basculer le destin d’individus a priori banals.

 

A vous maintenant de découvrir son univers! Voici la liste des ses livres traduits en français :

 

  • 1997 : Small World
  • 2000 : La Face cachée de la lune
  • 2002 : Un ami parfait
  • 2004 : Lila, Lila
  • 2006 : Le Diable de Milan
  • 2008 : Le dernier des Weynfeldt
  • 2010 : Le cuisinier
  • 2011 : Allmen et les libellules

La loi de l’attraction

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Aujourd’hui, un petit article sympa, dans la veine de mon précédent post, que j’ai trouvé sur le blog de d’Ariel. Je vous laisse le découvrir ci-dessous :

La loi de l’attraction

Bonne lecture et à bientôt!

Le super-pouvoir

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“La notion d’échec ou de réussite, c’est toujours au regard de nos propres aspirations.” Alain Bashung

J’ai lu un petit livre cette semaine… Le genre de livre qui habituellement me tombe des mains après 2 ou 3 pages… Depuis quelques semaines, j’ai sur ma table de nuitLe pouvoir du moment présent d’Eckart Tollé, dans lequel  je n’arrive décidément pas à “rentrer”. Mais je m’accroche, je m’accroche! Comme ça, je pourrais peut-être vous en parler un de ces jours!

Oser la liberté … et choisir le bonheur de Rosette Poletti, c’est le livre que ma curiosité m’a poussé à lire cette semaine. Enfin, pour être tout à fait honnête, c’est aussi sa très petite taille (95 pages) qui a achevé de me convaincre. Et puis bon… je devais aller au fitness, j’avais oublié mon livre de chevet à la maison (“Le mec de la tombe d’à côté“, de Katarina Mazetti, très sympa d’ailleurs, je vous le conseille) et je déteste faire mes exercices sans pouvoir bouquiner lorsque mes mains sont libres. Voilà  comment ce petit livre s’est retrouvé dans mon sac… Un peu par hasard, en fait! Il m’arrive régulièrement de choisir un livre car j’ai craqué sur la couverture, et bien pour celui-ci… ça n’a pas du tout été le cas :D (non, vraiment, l’homme arc-en-ciel, là, comment dire…)

Dans l’introduction, Rosette Poletti présente son livre ainsi :

“[...] plusieurs lecteurs m’ont demandé s’il ne serait pas possible de raconter une histoire qui contiendrait et illustrerait les concepts et informations sur le thème abordé. Il leur semblait que cela leur faciliterait la lecture et qu’ils se souviendraient mieux de la manière dont ces concepts pourraient s’inscrire dans la vie quotidienne.

Comme j’avais accepté d’écrire un petit ouvrage sur le thème oser la liberté, j’ai décidé, avec l’accord de mon éditeur, de raconter l’histoire de Bernadette, de sa prise de conscience des entraves dans lesquelles elle vivait, et finalement des étapes par lesquelles elle ose devenir libre. “

L’histoire de Bernadette, aussi émouvante et touchante soit-elle, n’est pas ce qui m’a le plus marqué dans ce livre, et je ne vais pas aujourd’hui en faire une critique, ni même vous encourager à le lire ou pas. Je vous en parle simplement pour vous faire part de ce qui m’a interpellé lors de la lecture, à savoir tous ces petits principes qui sont expliqués et illustrés à travers l’histoire de cette jeune femme en quête des ses origines.

Indépendamment de leurs sources mystiques ou religieuses, qui ne me parlent pas forcément, voici quelques-unes de ces petites phrases qui m’ont fait réfléchir :

« Être éveillé, c’est aussi accepter les événements sans lutter inutilement contre ce qui ne peut pas être changé ».

« Bonheur et malheur résident dans la manière dont nous percevons les choses et non dans la nature même de ces choses ».

« L’intensité de la souffrance des humains est la distance qui existe entre ce qu’ils désirent et ce qui est possible. Vouloir que ce qui est (et ne peut pas être changé) ne soit pas, voilà la source de la souffrance ».

Ces phrases m’ont touchée car elles nous montrent que nous avons un certain pouvoir sur notre vie, sur ce qui nous arrive. Et c’est là tout le propos du livre de Rosette Poletti : en choisissant la liberté, on prend sa vie en main. En d’autres termes, nous sommes RESPONSABLES de notre vie. Non pas des malheurs et des coups durs qui nous détournent de la route que l’on s’est tracée et sur lesquels nous n’avons aucun moyen de contrôle  (maladie, perte, deuil, etc.), mais de notre façon de les aborder. Il s’agit de ne plus se poser en victime, mais d’être conscient qu’à plus ou moins grande échelle, nous avons les ressources en nous pour choisir la vie que nous vivons et pour surmonter les obstacles qui se mettent en travers de notre chemin.

Il y a quelques années, je me plaignais à une copine que mes parents me traitaient toujours comme si j’avais encore 12 ans et demi. Ou que j’avais parfois l’impression d’être transparente dans un groupe de personnes, que l’on ne me voyait pas, que l’on ne m’entendait pas. D’être celle qui est là mais à qui on ne fait pas attention. Et là, la révélation… Sans autres détours, elle me balance à la figure : “Quelque part c’est parce que tu le veux bien… Si tes parents te traitent comme une gamine, c’est que d’une certaine façon tu les y autorises. Si tu as l’impression que les gens ne font pas attention à toi, c’est que tu ne fais rien pour attirer l’attention.”

Et vous savez le pire dans tout ça ? Elle avait raison ! Les gens se comportent de telle ou telle façon avec nous, car à travers notre comportement, conscient ou pas, nous les y autorisons. Ce qui est bien, c’est qu’à force de travail, nous avons le pouvoir de changer cela.

Et de même, à travers les choix que nous faisons, nous avons le pouvoir… de changer notre vie, de faire coïncider ce qui est possible avec ce que nous voulons.

Alors ça peut vous paraître un peu gnangnan dit comme ça, mais moi je trouve ça très positif et encourageant : prendre en main sa vie, c’est se donner la chance d’être heureux!

Il est évident que cela ne se fait pas en un claquement de doigt du jour au lendemain et demande un grand travail sur soi. Un travail long et difficile (sinon tout le monde nagerait dans le bonheur en ce moment-même). Mais la vérité est pourtant là : nous avons tous les jours la possibilité de faire des choix qui nous permettent de vivre en accord avec nous-mêmes. Cela implique parfois de renoncer à certaines choses, tout en restant conscient que l’on peut être heureux en dépit de ce sacrifice. J’ai envie de croire que petit à petit, on peut y arriver !

D’ailleurs, je suis sûre qu’il vous est à tous arrivé d’en passer par là : un jour où l’autre, on fait le choix qui change notre vie, à plus ou moins long terme, de manière consciente ou non. On sait qu’on a fait le bon choix et on ne le regrette pas, même s’il s’est fait dans la douleur. Je suis sûre que ça vous parle ! N’hésitez pas à m’en faire part ! Je vous parlerai des quelques « grandes décisions » qui ont eu un certain impact dans ma vie dans un prochain article (quel suspense dites donc, vous n’en pouvez plus là, einh ? :D )

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

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Résumé

Dans ce livre, Delphine de Vigan entrepend la quête (perdue d’avance, selon ses propres mots) des origines du mal qui a poussé sa mère, la belle Lucille, à se donner la mort à l’âge de 61 ans. Grâce aux témoignages des ses oncles et tantes et aux documents rassemblés au fil du temps (journaux intimes, correspondances, enregistrements, films, etc.), elle plonge dans l’histoire d’une famille nombreuse “classique”, gaie et heureuse en apparence, mais marquée par la fatalité. Petit à petit, le voile se lève sur les drames qui ont jalonné le passé : une série de morts prématurées, quisuperb ont marqué l’histoire familiale sur plusieurs années.

En parallèle, l’auteur s’interroge sur la difficulté d’écrire sur soi et de prendre du recul par rapport à sa propre histoire, sur la nécessité de remuer un passé douloureux et de briser des tabous, au risque de détruire un équilibre familial construit sur des silences et des non-dits.

Mon avis

Je dois dire que j’ai commencé ce livre sans grande conviction et sans en attendre beaucoup : on en parlait énormément, j’ai été curieuse.

Ce fut une très bonne surprise pour moi. Le destin de Lucille  m’a vraiment emporté. Le sujet m’a interpellé, les questions soulevées par ce roman également. Je regarde cette femme  magnifique qui fait la couverture du livre et je ne peux m’empêcher de me questionner sur les tourments qui l’ont poussée à commettre ce geste fatal : est-ce le poids du passé qui l’a fragilisée ou ce mal a-t-il toujours été présent en elle et aurait fini par la détruire malgré tout? A la lecture des évènements dramatiques qui ont marqué cette famille, j’en suis venue à me demander si au final certaines personnes “n’attiraient” pas le malheur, ou n’était pas maudites. Lucille a souffert d’une maladie qui a fini par l’isoler et la couper des siens et je ne peux m’empêcher de me dire que c’est peut-être le poids de cette solitude qui l’a poussée à se donner la mort.

Bien sûr, on peut reprocher à ce livre un côté “voyeuriste”. Mais je vous rappelle que je regarde l’Amour est dans le pré et que je ne rechigne pas à regarder une petite télé réalité de temps en temps. Non, plus sérieusement, je pense que cet aspect est bien présent dans le livre, mais qu’il est un peu inévitable lorsque l’on traite ce sujet et que l’on lit un livre qui s’approche plus de la biographie que du roman. Cela ne m’a donc pas posé problème, mais je peux comprendre que certains s’en trouvent gênés. Par contre, je ne suis pas d’accord avec certaines critiques qui qualifient cet ouvrage de doloriste. Évidemment, ce roman est triste, mais je l’ai trouvé également porteur de joie, comme un message pour accepter la part d’ombre qui est en nous pour que malgré tout, la vie continue…

Vous l’aurez compris, j’ai trouvé ce livre bouleversant et je pourrais vous en parler longuement encore, mais je ne voudrais pas trop en dire non plus !

Extraits :

“J’écris ce livre parce que j’ai la force aujourd’hui de m’arrêter sur ce qui me traverse et parfois m’envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l’emprise d’une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l’ombre.”

“« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti.”

Petit bonus :

Le titre est tiré de la superbe chanson “Osez Joséphine”, d’Alain Bashung…

“Leurs secrets du bonheur”, ce soir sur France 2

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Juste une petite note rapide…

L’une de mes amies vient de m’annoncer qu’une émission de France 2, diffusée ce soir, pourrait m’intéresser ! Il s’agit de l’émission “Leurs secrets du bonheur”, présentée par Frédéric Lopez, à 20h35.

Plus d’info ici : Leurs secrets du bonheur.

Je n’ai jamais vu cette émission, je ne sais pas du tout ce qu’elle vaut, mais je dois dire que je suis assez curieuse ! Alors je pense que ce soir, je vais prendre mon duvet sur mon canap’, un petit thé, et hop!

Très bonne journée!

*Edit du 10.02.2012 :

Bon.. finalement une émission assez bateau, j’ai été un peu déçue, même si j’ai apprécié la deuxième partie de soirée.

Une petite phrase que j’ai retenue :

“C’est important de se confronter à ses peur, car ne pas s’y confronter, c’est fuir. Et quand on fuit, on passe à côté d’expérience qui peuvent s’avérer difficles, masi qui nous permettent d’avancer et de se trouver” (à peu près einh, je la cite de mémoire, donc bon… Mais ça rejoint bien ce que j’ai peu aborder dans l’un ou l’autre de mes précédents billets!)

Aimer lire

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“Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade”, Julien Green

J’ai toujours aimé lire. Même si à l’adolescence les livres imposés à l’école avaient tendance à me tomber des mains, je n’ai jamais cessé de lire. Et c’est avec plaisir que j’ai redécouvert plus tard certains classiques de la littérature, que j’avais lus et analysés plus jeune, sous la contrainte du prof de français. Maupassant fera toujours partie de mes auteurs préférés. J’ai lu et relu ses nouvelles et ses romans, sans jamais me lasser!

Aujourd’hui, je pèche par gourmandise :  il ne m’arrive pratiquement jamais de relire un livre, tout simplement car j’ai envie de dévorer tous ceux auxquels je n’ai pas encore goûtés ! Principalement des romans, toutes sortes de romans : policier, classique, chick lit, témoignage, “roman de gare”, etc. La lecture est pour moi un moyen de m’évader, de découvrir, d’apprendre, de me détendre, de m’occuper, d’assouvir ma curiosité, de m’interroger. Je peux lire un peu près partout, dans n’importe quelle situation, ce qui amuse souvent mon entourage : au lit, devant la télé (si, si…), dans mon bain, aux toilettes (ça va, tout le monde le fait), en voiture (et sans devenir malade !), dans le bus, dans le train, en me brossant les dents, au fitness, partout, partout!

J’aime le fait d’accompagner des personnes réelles ou fictives pendant quelques centaines de pages, de partager un moment de leur existence de papier. Il m’arrive même régulièrement de m’attacher à ces personnages et de me languir d’eux lorsqu’un livre ou une série de livres prend fin ! Lorsque j’étais enfant, je m’amusais souvent à imaginer mon quotidien comme un roman ou à rêver de vivre des aventures semblables à celles des héros qui peuplaient mes lectures.

Pour moi, les livres sont des cadeaux très précieux et il m’arrive souvent, en terminant l’un d’eux qui m’a marqué plus que les autres, de me dire que j’ai de la chance d’avoir pu lire cette petite merveille et que c’est comme un petit trésor que j’ai entre les mains. Un trésor que je peux ranger dans ma bilbiothèque ou partager.

J’aime les livres pour ce qu’ils me racontent et pour ce qu’ils sont en tant qu’objet. Par péché d’avarice cette fois, je les achète souvent d’occasion  (en même temps, vous avez vu le prix des livres en Suisse ?). Je peux passer de longs moments à fouiner dans toutes les caissettes sur le stand d’un bouquiniste ou sur les étagères d’une petite librairie. Lorsque je rentre à la maison, j’aime admirer la petite pile bancale et colorée constituée de mon butin du jour. Ils ne sont pas de première fraîcheur, ils sont un peu abîmés, certaines pages sont cornées, un peu déchirées ou annotées mais ça ne me dérange pas, car j’aime l’idée qu’un livre ait eu une ou plusieurs vies avant de d’arriver jusqu’à moi.  Après tout, un livre est fait pour être lu et partagé, vous ne trouvez pas?

C’est dans cette optique que j’inaugure aujourd’hui cette nouvelle rubrique. Je ne vais pas vous prêter mes livres, non, ça risquerait d’être un peu compliqué! Par contre, je vous propose de vous faire part de temps en temps de mes coups de coeur littéraires, de vous parler de livres que j’ai lus et d’essayer de vous donner envie de les découvrir à votre tour. Alors s’il vous plaît, soyez indulgents, je ne suis pas critique littéraire et je ne suis pas une experte quand il s’agit d’expliquer le pourquoi du comment j’ai aimé telle ou telle chose. Mais je vais essayer!

La prochaine fois, je vous parlerai donc du dernier livre que j’ai lu et qui m’a énormément émue, “Rien ne s’oppose à la nuit”, de Delphine de Vigan.

En attendant, voici un petit rappel des Droits Imprescriptibles du Lecteur, édictés par Daniel Pennac dans son essai “Comme un roman”, paru en 1992. A lire et à relire, afin de s’adonner aux plaisirs de la lecture en toute liberté et sans culpabilité. Personnellement, je ne me prive pas de faire honneur à la plupart d’entre eux :

  1. Le droit de ne pas lire
  2. Le droit de sauter des pages
  3. Le droit de ne pas finir un livre
  4. Le droit de relire
  5. Le droit de lire n’importe quoi
  6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
  7. Le droit de lire n’importe où
  8. Le droit de grappiller
  9. Le droit de lire à haute voix
  10. Le droit de nous taire

Et pour terminer, une jolie petite vidéo :

L’être et le paraître

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Je suis une fille très souriante, on me l’a répété toute ma vie, on me le dit encore ! Il y a un mois, mon médecin a terminé la consultation par «Ca fait plaisir de voir quelqu’un d’aussi souriant, vous revenez quand vous voulez ! » (quel petit rigolo !).  Ce ne sont pas des fleurs que je me lance, non, non, non ! Ce leitmotiv qui rythme ma vie depuis que je suis enfant sonne toujours à mes oreilles comme l’un des plus beaux compliments que l’on puisse me faire ! Juste après « Tu es la plus belle et la plus intelligente », bien sûr. Oh, ça va, je plai-san-te. Je suis également très bon public, j’ai le rire facile, l’humour pas compliqué. Quand au milieu d’un fou rire mon copain s’arrête et me dit « J’adore t’entendre rire », et bien moi je fonds !

A la garderie, à l’école, à l’hôpital,  dans ma vie professionnelle, je suis Elodie la fille souriante et pas chiante, facile à vivre. Ce qui ne me dérange pas, loin de là ! Après tout il est plus agréable d’être perçue comme quelqu’un de positif que comme une vieille aigrie ! Et puis c’est vrai… je suis quelqu’un de positif, après tout. Et les gens perçoivent de nous ce que l’on veut bien leur montrer… Or, ce côté-là de moi, c’est celui que j’ai toujours mis en avant. Pendant longtemps et pour une raison un peu obscure, dire ou montrer que je n’allais pas bien était une chose inconcevable pour moi, voire un peu honteuse…

Beaucoup de personnes sont donc tombées des nues lorsque j’ai traversé une période de ma vie plus difficile, lorsque le nuage noir qui planait au-dessus de moi est devenu tellement envahissant qu’il m’ôtait tout plaisir et toute envie : celle de manger, de me faire masser, de sortir de chez moi ou de me lever le matin. Pendant plusieurs mois, ma vie se résumait à dormir, dormir et dormir, par des moyens naturels ou médicamenteux, pour ne plus penser, ne plus réfléchir, ne plus avoir à affronter mes angoisses qui certains matins étaient tellement fortes qu’à leur simple évocation, ma peau me brûlait (je n’ai jamais compris d’où venait cette sensation, mais je sentais la peau de mes mains, de mes bras et de ma poitrine chauffer comme au contact d’une plaque électrique). Je me suis enfoncée dans un gouffre, dont je pensais sérieusement ne jamais sortir. Je ne vais pas m’étaler sur cette période pendant des heures, je pense que vous avez compris l’esprit ! Le fait est que pour beaucoup de gens, il était inconcevable que je puisse tomber aussi bas, j’étais la joie de vivre incarnée !

Pendant cette période, j’ai eu la chance d’être formidablement entourée, que ce soit par ma famille, mes proches ou mes amis. J’ai reçu beaucoup de petits mots sous différentes formes, mais ce qui ressortait toujours de ces témoignages d’amitié, c’était cela : on est prêt à faire n’importe quoi pour t’entendre rigoler à nouveau.

Alors bien sûr, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais ce gouffre, j’ai fini par le remonter. J’ai recommencé à sourire et à rigoler, à apprécier un bon massage ou un bon boudin (au sens propre donc, j’adore le boudin, mon papa a été à la fête lorsqu’un matin en me levant je lui ai dit « j’ai faim, à midi j’aimerais que tu me fasses un boudin avec de la compote de pommes ».  Ce jour-là, il a su que j’étais à nouveau sur la bonne pente). Je ne m’en suis pas sortie toute seule, j’ai reçu l’aide de mes proches, mais aussi de la médecine et des médicaments. Mais tout cela n’aurait pas suffi si je n’y avais pas mis une grande partie de moi-même et si je n’avais pas « décidé » d’aller mieux, quitte à me forcer . Attention, je ne veux pas dire par là qu’il suffit de se botter les fesses pour sortir de la dépression, comme on l’entend malheureusement trop souvent. Le processus de guérison est bien plus complexe que cela. Toujours est-il qu’en ce qui me concerne j’ai eu de la chance…. A force de me forcer, cela a fini par redevenir naturel et de fil en aiguille, malgré quelques rechutes, je m’en suis sortie.

Depuis, les gens qui me sont proches et qui me connaissent savent que derrière le sourire se cache une certaine fragilité que j’essaie de gérer au mieux. Et cela ne me dérange pas, au contraire, j’apprécie qu’ils connaissent la partie un peu plus sombre de moi, parce que c’est aussi ça qui me caractérise, même si je refuse qu’elle prenne le dessus ! Je souris et je rigole, je fais la folette, je ris pour rien, mais au fond de moi je sais que le nuage noir n’est jamais loin et qu’il peut revenir m’embrouiller la tête à tout moment. Il est toujours là au dessus de ma tête et ne se prive pas de me rappeler sa présence au quotidien.

De ces périodes un peu difficiles, j’ai tiré plusieurs leçons, notamment celle-ci : on a le droit d’aller mal, de le dire, de le montrer. Les gens ne vont pas moins nous aimer parce que l’on montre ses faiblesses, ceux qui tiennent vraiment à nous ne vont pas se détourner, au contraire! Certaines personnes peuvent même s’avérer très surprenantes!

Les lundifficiles

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5h du matin. Je me réveille d’un sommeil plutôt agité, je sens l’angoisse me prendre au ventre et je ne dors plus jusqu’au moment de me lever, vers 7h. On est lundi…

Voilà à peu près comment commencent toutes mes semaines depuis … trop longtemps. C’est un état presque « douloureux » à vivre, qui engendre non seulement de la tristesse, mais aussi parfois des souffrances physiques : maux de ventre, de dos, ou de tête. Et dans les pires des cas, des nausées. Il fut un temps où je vomissais tous les matins avant d’aller à l’école… Eh oui…
Heureusement pour moi, cela a tendance à s’estomper au fil de la semaine (et à mesure que le week-end approche, comme par hasard).

Ces réveils difficiles ne datent donc pas de mon nouvel emploi, mais je pense que l’origine de ces angoisses est toujours un peu la même. Il faut sortir du cocon réconfortant du week-end. Sortir du lit alors qu’on ne demande qu’à y rester. Affronter le monde extérieur. Commencer une nouvelle semaine. Aller travailler. Faire ses preuves, retrouver ses soucis. Retrouver le train-train qui ne laisse pas vraiment de place à la liberté, l’improvisation et la légèreté permises pendant le week-end ou les vacances…
La phobie du lundi, pour moi, s’installe d’ailleurs dès le dimanche après-midi, vers 16h… Je vois le week-end se terminer et  je « cafarde ».

Cet état me poursuit en général jusqu’au moment où je commence à être active au travail ou que j’estime avoir accompli suffisamment de « tâches ». Au fond, c’est toujours un peu pareil : à partir du moment où j’affronte ce que je redoute, mes angoisses s’effacent petit à petit et me laissent un peu de répit. Parfois ça s’en va le matin, mais la plupart du temps je dois attendre midi. Ca s’en va comme par enchantement : tout à coup je me sens mieux, je me sens légère et je deviens beaucoup plus efficace. Et je me surprends, à 16h ou 17h, avec un regain d’énergie et le sentiment que je pourrais travailler, avec plaisir, jusqu’à point d’heure.

Je sais que je suis loin d’être la seule dans ce cas, d’après ce que j’ai pu entendre autour de moi, ou lire sur Internet. Beaucoup de gens sont atteints du « Blues du dimanche soir », de la « Peur » ou « Phobie du lundi ». Et bien sûr, je pense qu’il est possible de gérer au mieux cet état difficile.

Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous une ou deux petites « astuces » que j’ai mises en place, sans forcément m’en rendre compte, afin de mieux appréhender ces jours un peu difficiles :

    • Je fais toujours une liste des tâches que je dois réaliser pendant la journée ou la semaine. C’est une sorte de journal de bord que je tiens au quotidien. Dans un premier temps, je le faisais surtout pour être sûre de ne rien oublier. Avec le temps, je me suis aperçue que tracer au fur et à mesure les tâches accomplies me procurait une satisfaction très rassurante. Cela me permet également de me rendre compte, à la fin de la journée, du travail accompli.
      D’autre part, cela m’évite de me disperser et de penser à ce que je devrais faire une fois que la tâche que je suis en train de réaliser sera terminée. C’est une façon de structurer ma journée. Et dans le travail, j’ai besoin de structure et d’organisation!
    • Je me confronte le plus rapidement possible aux situations qui me font le plus peur. Dans le but bien sûr d’en être vite « débarrassées », mais surtout d’éviter de me pourrir inutilement l’esprit pendant des jours en les repoussant au lendemain. Et une fois que le travail qui me cause le plus de soucis est réalisé, je finis toujours par me dire « Et bien finalement tu en as été capable, ça n’était pas si terrible… ».
    • Je garde toujours une tâche tranquille et que j’apprécie pour la fin de la journée. Cela me permet de terminer sur une note agréable et sereine. Pour celles et ceux qui connaissent un peu mon métier, je garde par exemple toujours le catalogage pour la fin de la journée.
    • Avant de partir, je note sur mon journal de bord ce que je vais faire le lendemain. Cela me permet de me préparer psychologiquement et me rassure. Ensuite, je range, je mets en place ce dont j’aurai besoin pour faire mon travail le jour suivant, afin que la première chose que je voie en arrivant ne soit pas un bordel indescriptible, vu que j’ai un peu tendance à « m’étaler » lorsque je travaille. C’est une façon d’anticiper, mais dans le bon sens du terme : non pas en me disant que je n’y arriverai pas, mais plutôt en préparant le terrain pour que tout se passe bien.
    • Lorsque je quitte le travail, je me sens en général sereine et contente de moi, satisfaite de ce que j’ai fait pendant la journée. Je me sens positive ! Et parfois, je me sens même fière de moi. Je me sens pleine d’énergie, voire de confiance. Je me dis que j’ai affronté une journée que je redoutais et qu’au final je m’en suis bien sortie ! C’est suffisamment extraordinaire pour être relevé, non ? Je profite donc de mon trajet de retour pour savourer cet état de bien-être où je me sens légère comme une plume. Je me dis que je vais pouvoir profiter de cet état pendant la soirée, en faisant quelque chose qui me fait plaisir, une sortie au cinéma, un bon petit plat ou regarder l’Amour est dans le pré une émission culturelle sur ARTE en savourant un petit thé. (Oui, lorsque c’est la saison, mon petit plaisir du lundi soir c’est de regarder l’Amour est dans le pré. Et toc. Le pied, c’est lorsque l’émission est suivie de « Nouveau look pour une nouvelle vie »)

Et vous, vous sentez-vous concernés par tout ça (je parle des lundis difficiles donc, pas des agriculteurs esseulés) ? Est-ce que vous avez des petites astuces pour mieux les gérer ?

Quelques articles intéressants sur le sujet (NON, je ne parle toujours pas des l’Amour est dans le pré ! Ca ne recommence que demain d’ailleurs, avec la présentation des nouveaux candidats.) :

Et en bonus, un petit article un petit peu plus “second degré” qu’une lectrice m’a envoyé :

Les défis

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Juillet 2009. Depuis l’obtention de mon diplôme 1 an plus tôt, je ne suis pas vraiment épanouie professionnellement, malgré mes deux emplois en parallèle : l’un que l’on peut qualifier de purement alimentaire, et  l’autre… un peu moins alimentaire mais où je suis considérée comme la cinquième roue du carrosse. Je pose ma candidature pour d’autres postes, je décroche des entretiens, mais le poste tant convoité finit toujours par m’échapper au dernier moment, ou alors c’est moi qui renonce, prise de panique face à de nouvelles responsabilités que je ne me sens pas prête à assumer. La situation me déprime de plus en plus, je me sens inutile, je vais travailler la mort dans l’âme. Je me dis que j’ai 29 ans et que je suis déjà en train de m’encroûter dans des postes qui ne me font pas avancer et qui ne présentent aucun espoir de promotion, alors que dans la société d’aujourd’hui il est tellement important d’avoir un job épanouissant, enrichissant.  Et moi, j’en suis à l’opposé. [Moi, tendance à dramatiser ? Mais non mais non…]

Mars 2010. J’arrive au travail, allume mon ordi, hop, petit coup d’œil sur mes mails perso (ouiii, je regarde mes mails perso au travail, je suis sûre que cela vous arrive aussi !). Parmi eux, l’un porte l’objet «La commune de L*** recherche une bibliothécaire diplômée à 50% » (oui, je suis bibliothécaire. Oui, il faut un diplôme pour « ça ». Un jour si vous le désirez, je vous expliquerai comment un bibliothécaire occupe ses journées. Non, il ne le fait pas en lisant des livres). C’est une annonce pour un poste de responsable. Aïe. Ma première réaction est de laisser tomber. Responsable de bibliothèque ? Ce n’est pas pour moi. J’en suis incapable. J’en parle à mon copain, bibliothécaire lui aussi, qui me dit qu’il connait la dame qui quitte ce poste… « Appelle-la, elle est super sympa, pose-lui des questions sur le job, ça ne t’engage à rien. » J’appelle… Rendez-vous est pris pour le lendemain, à la bibliothèque. J’y vais la trouille au ventre.

We can do itLà, je me rends compte que depuis le début de mes recherches d’emploi, je suis partagée entre l’envie ou plutôt le besoin de trouver un travail qui me plait vraiment et l’angoisse de ne pas être à la hauteur pour mener à bien de nouvelles tâches, pour assumer des responsabilités. A ce moment-là, il y a comme un déclic en moi : je réalise que si je veux être heureuse dans ma vie et trouver un certain équilibre, il va falloir que je me confronte à mes peurs et que j’arrête de les fuir. Je ne vais quand même pas, toute ma vie, passer à côté de certaines choses à cause de ma peur de l’échec.

Je finis donc par postuler avec la sensation que cette fois-ci, c’est la bonne. Je décroche un entretien et une semaine plus tard, le job est à moi.

Aujourd’hui. Cela va faire un an que je suis responsable d’une jolie petite bibliothèque de village. Je suis la seule personne diplômée, et je gère une équipe de 15 bénévoles, qui ont toutes l’âge d’être mes mamans. Je m’occupe de tout,  toute seule : tâches administratives, animations, achat et traitement des livres, comptabilité, etc. Les bénévoles me donnent de petits coups de main et assurent les périodes de prêt. J’y travaille à 50%. Pour compléter mon temps de travail, j’ai gardé un de mes premiers jobs alimentaires, à 50%. J’ai trouvé un certain équilibre, on peut le dire. Mon travail de responsable me plaît, il est très varié. Mais il est également une source inépuisable de défis et de peurs pour l’angoissée que je suis.

Je ne fais pas partie de ces gens complètement exaltés par les challenges et qui les recherchent à tout prix. Vous savez, ces gens qui face à la perspective d’un nouveau projet ont 15 idées à la seconde, sont très sûrs d’eux et ne doutent pas une seule seconde de le mener à bien.

Non, non, non… Ma première réaction face à un nouveau défi, quelque soit son ampleur (accepter ce travail de responsable, mettre sur pied une manifestation, tenir la comptabilité de la bibliothèque, ou gérer les retards dans le retour des livres, par exemple) est la suivante: je n’y arriverai pas. Je ne suis pas à la hauteur. Dans un premier temps, ça a plutôt tendance à me paralyser.

C’est comme ça depuis toute petite, ça a été le cas tout au long de mes études et ça continue aujourd’hui. Pourtant vous savez quoi ? J’ai toujours eu des notes excellentes, je n’ai  jamais commis d’erreur grave dans mon travail, et, jusqu’à maintenant j’ai mené à bien toutes les tâches qui relevaient de ma nouvelle fonction.

Mais cela ne m’empêche pas d’avoir l’impression de ne pas en faire assez, ni assez bien. Cela ne m’empêche pas non plus, à chaque nouvelle tâche à accomplir, d’avoir une boule au ventre. De me dire que je n’aurais pas d’idées pour monter telle ou telle animation. Ou d’imaginer que cette manifestation que j’ai mise sur pied n’aura pas de succès. Est-ce utile de préciser que jusqu’à maintenant toutes ses peurs se sont révélées, au final, complètement infondées ? J’ai accompli toutes mes tâches correctement, les manifestations et animations que j’ai mises sur pied ont très bien fonctionné. Mais cela ne m’a pourtant pas dispensé de me gâcher les dernières vacances que j’ai eues en pensant à toutes les choses qui pourraient mal se passer à mon retour au travail.

Pourtant, si  je ne suis pas le genre de personne qui court joyeusement vers de nouveaux défis, j’ai décidé, depuis quelques temps, de ne plus les fuir ; toujours dans l’idée de me confronter à mes peurs pour mieux les surmonter. Et c’est une chose que je peux vraiment mettre en pratique dans mon nouveau travail. Cela m’a permis, un peu inconsciemment au début, de mettre en place quelques petites stratégies qui m’aident à canaliser mes peurs liées au travail. J’en ferai peut-être un petit billet un de ces jours, que je pourrai alimenter au fur et à mesure.

Je n’accueille pas les défis à bras ouverts. Mais je me rends compte que, quelque part, je les recherche. Sinon, je n’aurais pas  cherché et accepté un nouveau travail, par exemple. Seulement, pour le moment, j’ai l’impression de les rechercher un peu à reculons. Car je sais au fond de moi qu’ils sont nécessaires : pour avancer et pour évoluer, pour apprendre à se connaître,  pour se prouver quelque chose, pour se surprendre. Les relever, se dépasser, représente une petite victoire à chaque fois. L’impact sur l’estime de soi est considérable une fois qu’on les mène à bien.  Et de l’estime pour moi, Dieu sait si j’en ai besoin ! Et je ne désespère pas, un jour, d’arriver à accueillir sereinement et même avec joie un nouveau projet! Vaste programme, n’est pas ?

Et vous, quel genre de personne êtes-vous face aux défis ?

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