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Archives mensuelles : janvier 2012

Aimer lire

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« Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade », Julien Green

J’ai toujours aimé lire. Même si à l’adolescence les livres imposés à l’école avaient tendance à me tomber des mains, je n’ai jamais cessé de lire. Et c’est avec plaisir que j’ai redécouvert plus tard certains classiques de la littérature, que j’avais lus et analysés plus jeune, sous la contrainte du prof de français. Maupassant fera toujours partie de mes auteurs préférés. J’ai lu et relu ses nouvelles et ses romans, sans jamais me lasser!

Aujourd’hui, je pèche par gourmandise :  il ne m’arrive pratiquement jamais de relire un livre, tout simplement car j’ai envie de dévorer tous ceux auxquels je n’ai pas encore goûtés ! Principalement des romans, toutes sortes de romans : policier, classique, chick lit, témoignage, « roman de gare », etc. La lecture est pour moi un moyen de m’évader, de découvrir, d’apprendre, de me détendre, de m’occuper, d’assouvir ma curiosité, de m’interroger. Je peux lire un peu près partout, dans n’importe quelle situation, ce qui amuse souvent mon entourage : au lit, devant la télé (si, si…), dans mon bain, aux toilettes (ça va, tout le monde le fait), en voiture (et sans devenir malade !), dans le bus, dans le train, en me brossant les dents, au fitness, partout, partout!

J’aime le fait d’accompagner des personnes réelles ou fictives pendant quelques centaines de pages, de partager un moment de leur existence de papier. Il m’arrive même régulièrement de m’attacher à ces personnages et de me languir d’eux lorsqu’un livre ou une série de livres prend fin ! Lorsque j’étais enfant, je m’amusais souvent à imaginer mon quotidien comme un roman ou à rêver de vivre des aventures semblables à celles des héros qui peuplaient mes lectures.

Pour moi, les livres sont des cadeaux très précieux et il m’arrive souvent, en terminant l’un d’eux qui m’a marqué plus que les autres, de me dire que j’ai de la chance d’avoir pu lire cette petite merveille et que c’est comme un petit trésor que j’ai entre les mains. Un trésor que je peux ranger dans ma bilbiothèque ou partager.

J’aime les livres pour ce qu’ils me racontent et pour ce qu’ils sont en tant qu’objet. Par péché d’avarice cette fois, je les achète souvent d’occasion  (en même temps, vous avez vu le prix des livres en Suisse ?). Je peux passer de longs moments à fouiner dans toutes les caissettes sur le stand d’un bouquiniste ou sur les étagères d’une petite librairie. Lorsque je rentre à la maison, j’aime admirer la petite pile bancale et colorée constituée de mon butin du jour. Ils ne sont pas de première fraîcheur, ils sont un peu abîmés, certaines pages sont cornées, un peu déchirées ou annotées mais ça ne me dérange pas, car j’aime l’idée qu’un livre ait eu une ou plusieurs vies avant de d’arriver jusqu’à moi.  Après tout, un livre est fait pour être lu et partagé, vous ne trouvez pas?

C’est dans cette optique que j’inaugure aujourd’hui cette nouvelle rubrique. Je ne vais pas vous prêter mes livres, non, ça risquerait d’être un peu compliqué! Par contre, je vous propose de vous faire part de temps en temps de mes coups de coeur littéraires, de vous parler de livres que j’ai lus et d’essayer de vous donner envie de les découvrir à votre tour. Alors s’il vous plaît, soyez indulgents, je ne suis pas critique littéraire et je ne suis pas une experte quand il s’agit d’expliquer le pourquoi du comment j’ai aimé telle ou telle chose. Mais je vais essayer!

La prochaine fois, je vous parlerai donc du dernier livre que j’ai lu et qui m’a énormément émue, « Rien ne s’oppose à la nuit », de Delphine de Vigan.

En attendant, voici un petit rappel des Droits Imprescriptibles du Lecteur, édictés par Daniel Pennac dans son essai « Comme un roman », paru en 1992. A lire et à relire, afin de s’adonner aux plaisirs de la lecture en toute liberté et sans culpabilité. Personnellement, je ne me prive pas de faire honneur à la plupart d’entre eux :

  1. Le droit de ne pas lire
  2. Le droit de sauter des pages
  3. Le droit de ne pas finir un livre
  4. Le droit de relire
  5. Le droit de lire n’importe quoi
  6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
  7. Le droit de lire n’importe où
  8. Le droit de grappiller
  9. Le droit de lire à haute voix
  10. Le droit de nous taire

Et pour terminer, une jolie petite vidéo :

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L’être et le paraître

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Je suis une fille très souriante, on me l’a répété toute ma vie, on me le dit encore ! Il y a un mois, mon médecin a terminé la consultation par «Ca fait plaisir de voir quelqu’un d’aussi souriant, vous revenez quand vous voulez ! » (quel petit rigolo !).  Ce ne sont pas des fleurs que je me lance, non, non, non ! Ce leitmotiv qui rythme ma vie depuis que je suis enfant sonne toujours à mes oreilles comme l’un des plus beaux compliments que l’on puisse me faire ! Juste après « Tu es la plus belle et la plus intelligente », bien sûr. Oh, ça va, je plai-san-te. Je suis également très bon public, j’ai le rire facile, l’humour pas compliqué. Quand au milieu d’un fou rire mon copain s’arrête et me dit « J’adore t’entendre rire », et bien moi je fonds !

A la garderie, à l’école, à l’hôpital,  dans ma vie professionnelle, je suis Elodie la fille souriante et pas chiante, facile à vivre. Ce qui ne me dérange pas, loin de là ! Après tout il est plus agréable d’être perçue comme quelqu’un de positif que comme une vieille aigrie ! Et puis c’est vrai… je suis quelqu’un de positif, après tout. Et les gens perçoivent de nous ce que l’on veut bien leur montrer… Or, ce côté-là de moi, c’est celui que j’ai toujours mis en avant. Pendant longtemps et pour une raison un peu obscure, dire ou montrer que je n’allais pas bien était une chose inconcevable pour moi, voire un peu honteuse…

Beaucoup de personnes sont donc tombées des nues lorsque j’ai traversé une période de ma vie plus difficile, lorsque le nuage noir qui planait au-dessus de moi est devenu tellement envahissant qu’il m’ôtait tout plaisir et toute envie : celle de manger, de me faire masser, de sortir de chez moi ou de me lever le matin. Pendant plusieurs mois, ma vie se résumait à dormir, dormir et dormir, par des moyens naturels ou médicamenteux, pour ne plus penser, ne plus réfléchir, ne plus avoir à affronter mes angoisses qui certains matins étaient tellement fortes qu’à leur simple évocation, ma peau me brûlait (je n’ai jamais compris d’où venait cette sensation, mais je sentais la peau de mes mains, de mes bras et de ma poitrine chauffer comme au contact d’une plaque électrique). Je me suis enfoncée dans un gouffre, dont je pensais sérieusement ne jamais sortir. Je ne vais pas m’étaler sur cette période pendant des heures, je pense que vous avez compris l’esprit ! Le fait est que pour beaucoup de gens, il était inconcevable que je puisse tomber aussi bas, j’étais la joie de vivre incarnée !

Pendant cette période, j’ai eu la chance d’être formidablement entourée, que ce soit par ma famille, mes proches ou mes amis. J’ai reçu beaucoup de petits mots sous différentes formes, mais ce qui ressortait toujours de ces témoignages d’amitié, c’était cela : on est prêt à faire n’importe quoi pour t’entendre rigoler à nouveau.

Alors bien sûr, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais ce gouffre, j’ai fini par le remonter. J’ai recommencé à sourire et à rigoler, à apprécier un bon massage ou un bon boudin (au sens propre donc, j’adore le boudin, mon papa a été à la fête lorsqu’un matin en me levant je lui ai dit « j’ai faim, à midi j’aimerais que tu me fasses un boudin avec de la compote de pommes ».  Ce jour-là, il a su que j’étais à nouveau sur la bonne pente). Je ne m’en suis pas sortie toute seule, j’ai reçu l’aide de mes proches, mais aussi de la médecine et des médicaments. Mais tout cela n’aurait pas suffi si je n’y avais pas mis une grande partie de moi-même et si je n’avais pas « décidé » d’aller mieux, quitte à me forcer . Attention, je ne veux pas dire par là qu’il suffit de se botter les fesses pour sortir de la dépression, comme on l’entend malheureusement trop souvent. Le processus de guérison est bien plus complexe que cela. Toujours est-il qu’en ce qui me concerne j’ai eu de la chance…. A force de me forcer, cela a fini par redevenir naturel et de fil en aiguille, malgré quelques rechutes, je m’en suis sortie.

Depuis, les gens qui me sont proches et qui me connaissent savent que derrière le sourire se cache une certaine fragilité que j’essaie de gérer au mieux. Et cela ne me dérange pas, au contraire, j’apprécie qu’ils connaissent la partie un peu plus sombre de moi, parce que c’est aussi ça qui me caractérise, même si je refuse qu’elle prenne le dessus ! Je souris et je rigole, je fais la folette, je ris pour rien, mais au fond de moi je sais que le nuage noir n’est jamais loin et qu’il peut revenir m’embrouiller la tête à tout moment. Il est toujours là au dessus de ma tête et ne se prive pas de me rappeler sa présence au quotidien.

De ces périodes un peu difficiles, j’ai tiré plusieurs leçons, notamment celle-ci : on a le droit d’aller mal, de le dire, de le montrer. Les gens ne vont pas moins nous aimer parce que l’on montre ses faiblesses, ceux qui tiennent vraiment à nous ne vont pas se détourner, au contraire! Certaines personnes peuvent même s’avérer très surprenantes!

Les lundifficiles

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5h du matin. Je me réveille d’un sommeil plutôt agité, je sens l’angoisse me prendre au ventre et je ne dors plus jusqu’au moment de me lever, vers 7h. On est lundi…

Voilà à peu près comment commencent toutes mes semaines depuis … trop longtemps. C’est un état presque « douloureux » à vivre, qui engendre non seulement de la tristesse, mais aussi parfois des souffrances physiques : maux de ventre, de dos, ou de tête. Et dans les pires des cas, des nausées. Il fut un temps où je vomissais tous les matins avant d’aller à l’école… Eh oui…
Heureusement pour moi, cela a tendance à s’estomper au fil de la semaine (et à mesure que le week-end approche, comme par hasard).

Ces réveils difficiles ne datent donc pas de mon nouvel emploi, mais je pense que l’origine de ces angoisses est toujours un peu la même. Il faut sortir du cocon réconfortant du week-end. Sortir du lit alors qu’on ne demande qu’à y rester. Affronter le monde extérieur. Commencer une nouvelle semaine. Aller travailler. Faire ses preuves, retrouver ses soucis. Retrouver le train-train qui ne laisse pas vraiment de place à la liberté, l’improvisation et la légèreté permises pendant le week-end ou les vacances…
La phobie du lundi, pour moi, s’installe d’ailleurs dès le dimanche après-midi, vers 16h… Je vois le week-end se terminer et  je « cafarde ».

Cet état me poursuit en général jusqu’au moment où je commence à être active au travail ou que j’estime avoir accompli suffisamment de « tâches ». Au fond, c’est toujours un peu pareil : à partir du moment où j’affronte ce que je redoute, mes angoisses s’effacent petit à petit et me laissent un peu de répit. Parfois ça s’en va le matin, mais la plupart du temps je dois attendre midi. Ca s’en va comme par enchantement : tout à coup je me sens mieux, je me sens légère et je deviens beaucoup plus efficace. Et je me surprends, à 16h ou 17h, avec un regain d’énergie et le sentiment que je pourrais travailler, avec plaisir, jusqu’à point d’heure.

Je sais que je suis loin d’être la seule dans ce cas, d’après ce que j’ai pu entendre autour de moi, ou lire sur Internet. Beaucoup de gens sont atteints du « Blues du dimanche soir », de la « Peur » ou « Phobie du lundi ». Et bien sûr, je pense qu’il est possible de gérer au mieux cet état difficile.

Aujourd’hui, j’aimerai partager avec vous une ou deux petites « astuces » que j’ai mises en place, sans forcément m’en rendre compte, afin de mieux appréhender ces jours un peu difficiles :

    • Je fais toujours une liste des tâches que je dois réaliser pendant la journée ou la semaine. C’est une sorte de journal de bord que je tiens au quotidien. Dans un premier temps, je le faisais surtout pour être sûre de ne rien oublier. Avec le temps, je me suis aperçue que tracer au fur et à mesure les tâches accomplies me procurait une satisfaction très rassurante. Cela me permet également de me rendre compte, à la fin de la journée, du travail accompli.
      D’autre part, cela m’évite de me disperser et de penser à ce que je devrais faire une fois que la tâche que je suis en train de réaliser sera terminée. C’est une façon de structurer ma journée. Et dans le travail, j’ai besoin de structure et d’organisation!
    • Je me confronte le plus rapidement possible aux situations qui me font le plus peur. Dans le but bien sûr d’en être vite « débarrassées », mais surtout d’éviter de me pourrir inutilement l’esprit pendant des jours en les repoussant au lendemain. Et une fois que le travail qui me cause le plus de soucis est réalisé, je finis toujours par me dire « Et bien finalement tu en as été capable, ça n’était pas si terrible… ».
    • Je garde toujours une tâche tranquille et que j’apprécie pour la fin de la journée. Cela me permet de terminer sur une note agréable et sereine. Pour celles et ceux qui connaissent un peu mon métier, je garde par exemple toujours le catalogage pour la fin de la journée.
    • Avant de partir, je note sur mon journal de bord ce que je vais faire le lendemain. Cela me permet de me préparer psychologiquement et me rassure. Ensuite, je range, je mets en place ce dont j’aurai besoin pour faire mon travail le jour suivant, afin que la première chose que je voie en arrivant ne soit pas un bordel indescriptible, vu que j’ai un peu tendance à « m’étaler » lorsque je travaille. C’est une façon d’anticiper, mais dans le bon sens du terme : non pas en me disant que je n’y arriverai pas, mais plutôt en préparant le terrain pour que tout se passe bien.
    • Lorsque je quitte le travail, je me sens en général sereine et contente de moi, satisfaite de ce que j’ai fait pendant la journée. Je me sens positive ! Et parfois, je me sens même fière de moi. Je me sens pleine d’énergie, voire de confiance. Je me dis que j’ai affronté une journée que je redoutais et qu’au final je m’en suis bien sortie ! C’est suffisamment extraordinaire pour être relevé, non ? Je profite donc de mon trajet de retour pour savourer cet état de bien-être où je me sens légère comme une plume. Je me dis que je vais pouvoir profiter de cet état pendant la soirée, en faisant quelque chose qui me fait plaisir, une sortie au cinéma, un bon petit plat ou regarder l’Amour est dans le pré une émission culturelle sur ARTE en savourant un petit thé. (Oui, lorsque c’est la saison, mon petit plaisir du lundi soir c’est de regarder l’Amour est dans le pré. Et toc. Le pied, c’est lorsque l’émission est suivie de « Nouveau look pour une nouvelle vie »)

Et vous, vous sentez-vous concernés par tout ça (je parle des lundis difficiles donc, pas des agriculteurs esseulés) ? Est-ce que vous avez des petites astuces pour mieux les gérer ?

Quelques articles intéressants sur le sujet (NON, je ne parle toujours pas des l’Amour est dans le pré ! Ca ne recommence que demain d’ailleurs, avec la présentation des nouveaux candidats.) :

Et en bonus, un petit article un petit peu plus « second degré » qu’une lectrice m’a envoyé :

Les défis

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Juillet 2009. Depuis l’obtention de mon diplôme 1 an plus tôt, je ne suis pas vraiment épanouie professionnellement, malgré mes deux emplois en parallèle : l’un que l’on peut qualifier de purement alimentaire, et  l’autre… un peu moins alimentaire mais où je suis considérée comme la cinquième roue du carrosse. Je pose ma candidature pour d’autres postes, je décroche des entretiens, mais le poste tant convoité finit toujours par m’échapper au dernier moment, ou alors c’est moi qui renonce, prise de panique face à de nouvelles responsabilités que je ne me sens pas prête à assumer. La situation me déprime de plus en plus, je me sens inutile, je vais travailler la mort dans l’âme. Je me dis que j’ai 29 ans et que je suis déjà en train de m’encroûter dans des postes qui ne me font pas avancer et qui ne présentent aucun espoir de promotion, alors que dans la société d’aujourd’hui il est tellement important d’avoir un job épanouissant, enrichissant.  Et moi, j’en suis à l’opposé. [Moi, tendance à dramatiser ? Mais non mais non…]

Mars 2010. J’arrive au travail, allume mon ordi, hop, petit coup d’œil sur mes mails perso (ouiii, je regarde mes mails perso au travail, je suis sûre que cela vous arrive aussi !). Parmi eux, l’un porte l’objet «La commune de L*** recherche une bibliothécaire diplômée à 50% » (oui, je suis bibliothécaire. Oui, il faut un diplôme pour « ça ». Un jour si vous le désirez, je vous expliquerai comment un bibliothécaire occupe ses journées. Non, il ne le fait pas en lisant des livres). C’est une annonce pour un poste de responsable. Aïe. Ma première réaction est de laisser tomber. Responsable de bibliothèque ? Ce n’est pas pour moi. J’en suis incapable. J’en parle à mon copain, bibliothécaire lui aussi, qui me dit qu’il connait la dame qui quitte ce poste… « Appelle-la, elle est super sympa, pose-lui des questions sur le job, ça ne t’engage à rien. » J’appelle… Rendez-vous est pris pour le lendemain, à la bibliothèque. J’y vais la trouille au ventre.

We can do itLà, je me rends compte que depuis le début de mes recherches d’emploi, je suis partagée entre l’envie ou plutôt le besoin de trouver un travail qui me plait vraiment et l’angoisse de ne pas être à la hauteur pour mener à bien de nouvelles tâches, pour assumer des responsabilités. A ce moment-là, il y a comme un déclic en moi : je réalise que si je veux être heureuse dans ma vie et trouver un certain équilibre, il va falloir que je me confronte à mes peurs et que j’arrête de les fuir. Je ne vais quand même pas, toute ma vie, passer à côté de certaines choses à cause de ma peur de l’échec.

Je finis donc par postuler avec la sensation que cette fois-ci, c’est la bonne. Je décroche un entretien et une semaine plus tard, le job est à moi.

Aujourd’hui. Cela va faire un an que je suis responsable d’une jolie petite bibliothèque de village. Je suis la seule personne diplômée, et je gère une équipe de 15 bénévoles, qui ont toutes l’âge d’être mes mamans. Je m’occupe de tout,  toute seule : tâches administratives, animations, achat et traitement des livres, comptabilité, etc. Les bénévoles me donnent de petits coups de main et assurent les périodes de prêt. J’y travaille à 50%. Pour compléter mon temps de travail, j’ai gardé un de mes premiers jobs alimentaires, à 50%. J’ai trouvé un certain équilibre, on peut le dire. Mon travail de responsable me plaît, il est très varié. Mais il est également une source inépuisable de défis et de peurs pour l’angoissée que je suis.

Je ne fais pas partie de ces gens complètement exaltés par les challenges et qui les recherchent à tout prix. Vous savez, ces gens qui face à la perspective d’un nouveau projet ont 15 idées à la seconde, sont très sûrs d’eux et ne doutent pas une seule seconde de le mener à bien.

Non, non, non… Ma première réaction face à un nouveau défi, quelque soit son ampleur (accepter ce travail de responsable, mettre sur pied une manifestation, tenir la comptabilité de la bibliothèque, ou gérer les retards dans le retour des livres, par exemple) est la suivante: je n’y arriverai pas. Je ne suis pas à la hauteur. Dans un premier temps, ça a plutôt tendance à me paralyser.

C’est comme ça depuis toute petite, ça a été le cas tout au long de mes études et ça continue aujourd’hui. Pourtant vous savez quoi ? J’ai toujours eu des notes excellentes, je n’ai  jamais commis d’erreur grave dans mon travail, et, jusqu’à maintenant j’ai mené à bien toutes les tâches qui relevaient de ma nouvelle fonction.

Mais cela ne m’empêche pas d’avoir l’impression de ne pas en faire assez, ni assez bien. Cela ne m’empêche pas non plus, à chaque nouvelle tâche à accomplir, d’avoir une boule au ventre. De me dire que je n’aurais pas d’idées pour monter telle ou telle animation. Ou d’imaginer que cette manifestation que j’ai mise sur pied n’aura pas de succès. Est-ce utile de préciser que jusqu’à maintenant toutes ses peurs se sont révélées, au final, complètement infondées ? J’ai accompli toutes mes tâches correctement, les manifestations et animations que j’ai mises sur pied ont très bien fonctionné. Mais cela ne m’a pourtant pas dispensé de me gâcher les dernières vacances que j’ai eues en pensant à toutes les choses qui pourraient mal se passer à mon retour au travail.

Pourtant, si  je ne suis pas le genre de personne qui court joyeusement vers de nouveaux défis, j’ai décidé, depuis quelques temps, de ne plus les fuir ; toujours dans l’idée de me confronter à mes peurs pour mieux les surmonter. Et c’est une chose que je peux vraiment mettre en pratique dans mon nouveau travail. Cela m’a permis, un peu inconsciemment au début, de mettre en place quelques petites stratégies qui m’aident à canaliser mes peurs liées au travail. J’en ferai peut-être un petit billet un de ces jours, que je pourrai alimenter au fur et à mesure.

Je n’accueille pas les défis à bras ouverts. Mais je me rends compte que, quelque part, je les recherche. Sinon, je n’aurais pas  cherché et accepté un nouveau travail, par exemple. Seulement, pour le moment, j’ai l’impression de les rechercher un peu à reculons. Car je sais au fond de moi qu’ils sont nécessaires : pour avancer et pour évoluer, pour apprendre à se connaître,  pour se prouver quelque chose, pour se surprendre. Les relever, se dépasser, représente une petite victoire à chaque fois. L’impact sur l’estime de soi est considérable une fois qu’on les mène à bien.  Et de l’estime pour moi, Dieu sait si j’en ai besoin ! Et je ne désespère pas, un jour, d’arriver à accueillir sereinement et même avec joie un nouveau projet! Vaste programme, n’est pas ?

Et vous, quel genre de personne êtes-vous face aux défis ?

La vie adulte

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J’ai 15 ans. Ou 14 ? Ou peut-être même 12. Enfin, l’âge où on commence à se sentir différent  des autres, où on se demande où est notre place,  où on commence à se chercher. J’écris mon journal  et je suis déjà assez lucide pour me rendre compte que je ne suis pas ce que l’on appelle une fille populaire, loin de là. Ces filles-là, je les fréquente souvent de loin.

Si j’avais grandi dans un lycée à l’américaine, je n’aurais pas été une pompom girl, je ne serais pas sortie avec le quaterback, je n’aurais pas été entourée d’une ribambelle d’amis et j’aurais galéré pour trouver un cavalier avec qui me rendre au bal de promo. J’aurais fait partie au mieux de ceux qu’on ne remarque pas, au pire des têtes de turcs peuplant les clubs de sciences, d’échec ou de chimie, affublés de lunettes trop grandes (même si en vrai je ne porte pas de lunettes), pull jacquard et jupe plissée (en dessous du genou).

Voilà, pour vous donner une idée de moi à 15 ans (de 12 à 20 ans, pour être plus juste), dans les années 90.  Une adolescente somme toute assez classique : mal dans sa peau, pas à sa place, qui aimerait plaire aux garçons (mais ça ne marche pas trop…). Non, ce n’est pas là que vous devez dire « oooooh » avec un air compatissant. J’explique, juste.  En gros, j’aurais été la candidate parfaite pour un épisode de Made sur MTV (sacrée référence, je sais).

Alors on fait quoi, quand on est une ado sans cesse mal à l’aise ? On essaie de faire comme les autres, en se disant que ce sera mieux et surtout plus facile, quand on sera « adulte ». On se rêve grande, belle, mariée, maman, épanouie professionnellement, heureuse (et intelligente, aussi, tant qu’à faire…).  On rêve et on attend un peu que ça passe tout seul, cette période merdique de mal-être constant et d’acné chronique (ou de mal être chronique et d’acné constante). On laisse faire la vie, en se disant qu’elle finira bien par nous apporter ce qu’au fond de nous on pense mériter. En tous cas, on y croit très fort, lorsque l’on écoute pour la dixième fois le slow troooop beeeeeau de Brian Adam ou de Bon Jovi (hum), en pleurant comme une madeleine parce que ce salaud de Nicolas ne nous a pas regardée, pire, il a embrassé notre meilleure copine (1m65, longs cheveux auburn, peau basanée et yeux verts en amande) sous le préau. On y croit très fort lorsque quelques années plus tard on tire pour la deuxième fois sur le joint qu’on nous fait passer en riant béatement, « This is the end » des Doors en fond sonore. On y croit très très fort, quand Grégoire (c’est pas lui qu’on visait, mais il fera l’affaire) finit par nous coller sa langue au fond de la gorge en tournant très (trop ?) vite lors de notre première soirée trop arrosée (on a bu au moins 3 bières, et on a la tête qui tourne un peu à cause de tout cet alcool et du stromboscope, on entend Ricky Martin chanter « Un Dos Tres Maria », mais c’est un peu confus). On y croit très fort à 20 ans, quand on finit par quitter le nid parental pour enfin prendre son indépendance, à 100km de chez eux. Mais là, on y croit vraiment !!!

Je viens d’avoir 31 ans. Aïe. Qu’on le veuille ou non, c’est un peu l’âge d’un premier bilan. J’en suis où aujourd’hui ? Elle est passée où la vie que je me rêvais il y a 15 ans ? Qu’est-ce que j’ai accompli ? Qu’est-ce que j’ai vécu ? Je me rêvais :

  • Grande : râté… (1m60, mais c’est pas grave)
  • Belle : la plupart du temps, j’aime bien ma tête (mais la plupart du temps je n’aime pas mon corps)
  • Maquée : plusieurs relations plus ou moins réussies, plus ou moins longues, qui m’ont permis de savoir ce que je voulais (et ce que je ne voulais pas). Pas encore mariée, mais c’est pour cette année.
  • Maman : pas encore, un jour je l’espère si la nature me fait ce cadeau!
  • Epanouie professionnellement : plus ou moins…
  • Heureuse : la plupart du temps
  • Intelligente : …

Et alors ? Est-ce que la vie est plus facile maintenant que je suis grande ? Est-ce que j’ai VRAIMENT besoin de répondre à cette question….

Evidemment, la vie que j’imaginais à 15 ans est très éloignée de celle que je mène. Je n’ai pas accompli de grandes choses. Je ne sais même pas si j’ai envie d’en accomplir, pour la simple et bonne raison que je suis bien incapable, du « haut » de mes 31 ans, de savoir ce que je veux. De m’imaginer dans 10 ans, de tracer le chemin que j’aimerais suivre, de voir où je vais. Tant et si bien que j’ai souvent l’impression, malgré « l’expérience » (relative), malgré la confiance (encore plus relative) engrangée au fil des années, malgré les œillades suggestives que veut bien m’accorder aujourd’hui la gente masculine et qui booste à l’occasion mon égo, malgré le fait que mes CD de Bon Jovi et de Brian Adams n’ont plus tournés depuis bien longtemps, que l’adolescente un peu gauche, un peu moche, un peu désespérée n’est pas très loin.

Elle me tape régulièrement sur l’épaule, et me force à me poser des questions et à faire des choix que je préfèrerais occulter, pour laisser faire la vie, pour que tout se passe tout seul.

J’aimerais qu’elle retourne d’où elle vient, cette ado chargée de mal-être, et qu’elle y reste. Parce que je sais qu’aujourd’hui, les choix que je fais ont plus de poids que lorsque j’avais 15 ou 20 ans. Parce que je sens bien que maintenant, je n’ai plus le temps, je n’ai plus « toute la vie devant moi » (je sens que je vais bien rire quand je vais relire ça dans 10 ans). Et surtout, que pour obtenir ce que je veux de la vie,  je ne peux plus me permettre de « la laisser faire » et d’attendre que ça se passe. Ce sont des choses que l’on nous martèle depuis toujours, et qui peuvent sembler évidentes, mais il m’aura fallu arriver à 30 ans pour en mesurer tout la portée et pour qu’elles prennent tout leur sens.  Pour que je réalise vraiment ce qu’elles signifient.

Donc merde, il faut vraiment que je me bouge et que j’arrive à faire abstraction de la trouille, des doutes, du manque de confiance (je vous avais bien dit que c’était relatif, cette histoire de confiance).

Le moment présent

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L’impression d’être un(e) éternel(le) insatisfait(e), vous connaissez ? Ce sentiment de ne pas arriver à profiter du moment présent, de ce que l’on a, ce que l’on vit, à force de se projeter dans l’avenir. Nous sommes là avec notre corps mais pas avec notre tête.

Les vacances « gâchées », à force de craindre de ne pas assez bien profiter, de penser au retour au travail. Les blues du dimanche soir, à force de penser au lundi.

C’est un peu l’histoire de ma vie et, aussi loin que je me souvienne, ce sentiment a toujours fait partie de moi.

Je viens d’avoir 10 jours de vacances, 10 jours durant lesquels quoi que je fasse, où que je me trouve, mon esprit finit par se projeter à la semaine suivante, où il faudra retourner travailler et retrouver le train-train habituel, les dossiers sagement préparés pour la rentrée, les angoisses, les petits soucis quotidiens.

Résultat, ces vacances que j’ai attendues pendant des mois, que j’espérais détendues et « ressourçantes », sur lesquelles je comptais pour pouvoir enfin décrocher du travail et que j’envisageais comme une vraie coupure, vont finalement me laisser un goût amer, un sentiment d’inachevé et de frustration.

Au lieu de les savourer, je me suis agitée dans tous les sens pour m’occuper l’esprit, non seulement pour m’empêcher de penser au travail qui m’attend à la rentrée, mais aussi pour me donner l’illusion de profiter au maximum de ces quelques jours de congé. Comme si rester chez soi avec un thé chaud et un bon livre était  une perte de temps.

Je suis consciente d’être dans le faux, n’empêche… la boule au ventre est toujours là, malgré les efforts pour relativiser et pour me raisonner. Je reprends le travail après demain et je suis incapable de profiter des quelques instants de répit qui me restent.

Mais là, y’en a marre ! Beaucoup d’événements joyeux m’attendent cette année 2012, et elle devrait donc démarrer dans un état d’esprit optimiste. J’ai donc décidé de me prendre en main et de faire mon maximum pour améliorer ce côté de moi qui me gâche un peu la vie, il faut bien l’admettre.

Je pense que j’ai un grand travail à faire au niveau de la confiance en moi, sur les peurs et les pensées négatives que je ne peux pas m’empêcher d’entretenir.

Je me dis qu’écrire mes états d’âme ou mes quelques réflexions pourrait m’aider, surtout si en plus j’ai le loisir de le partager avec d’autres personnes. Voilà pourquoi je commence ce blog aujourd’hui…

Je ne sais pas vraiment encore à quoi va ressembler cet espace. Je sais juste que ces temps-ci je ressens de plus en plus le besoin de mettre par écrit ce qui peut me traverser l’esprit. Je vais donc alimenter ce blog au fil de mes réflexions ! N’hésitez pas à partager les vôtres! Ce sera sans doute très enrichissant!

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