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Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

Publié le

Résumé

Dans ce livre, Delphine de Vigan entrepend la quête (perdue d’avance, selon ses propres mots) des origines du mal qui a poussé sa mère, la belle Lucille, à se donner la mort à l’âge de 61 ans. Grâce aux témoignages des ses oncles et tantes et aux documents rassemblés au fil du temps (journaux intimes, correspondances, enregistrements, films, etc.), elle plonge dans l’histoire d’une famille nombreuse « classique », gaie et heureuse en apparence, mais marquée par la fatalité. Petit à petit, le voile se lève sur les drames qui ont jalonné le passé : une série de morts prématurées, quisuperb ont marqué l’histoire familiale sur plusieurs années.

En parallèle, l’auteur s’interroge sur la difficulté d’écrire sur soi et de prendre du recul par rapport à sa propre histoire, sur la nécessité de remuer un passé douloureux et de briser des tabous, au risque de détruire un équilibre familial construit sur des silences et des non-dits.

Mon avis

Je dois dire que j’ai commencé ce livre sans grande conviction et sans en attendre beaucoup : on en parlait énormément, j’ai été curieuse.

Ce fut une très bonne surprise pour moi. Le destin de Lucille  m’a vraiment emporté. Le sujet m’a interpellé, les questions soulevées par ce roman également. Je regarde cette femme  magnifique qui fait la couverture du livre et je ne peux m’empêcher de me questionner sur les tourments qui l’ont poussée à commettre ce geste fatal : est-ce le poids du passé qui l’a fragilisée ou ce mal a-t-il toujours été présent en elle et aurait fini par la détruire malgré tout? A la lecture des évènements dramatiques qui ont marqué cette famille, j’en suis venue à me demander si au final certaines personnes « n’attiraient » pas le malheur, ou n’était pas maudites. Lucille a souffert d’une maladie qui a fini par l’isoler et la couper des siens et je ne peux m’empêcher de me dire que c’est peut-être le poids de cette solitude qui l’a poussée à se donner la mort.

Bien sûr, on peut reprocher à ce livre un côté « voyeuriste ». Mais je vous rappelle que je regarde l’Amour est dans le pré et que je ne rechigne pas à regarder une petite télé réalité de temps en temps. Non, plus sérieusement, je pense que cet aspect est bien présent dans le livre, mais qu’il est un peu inévitable lorsque l’on traite ce sujet et que l’on lit un livre qui s’approche plus de la biographie que du roman. Cela ne m’a donc pas posé problème, mais je peux comprendre que certains s’en trouvent gênés. Par contre, je ne suis pas d’accord avec certaines critiques qui qualifient cet ouvrage de doloriste. Évidemment, ce roman est triste, mais je l’ai trouvé également porteur de joie, comme un message pour accepter la part d’ombre qui est en nous pour que malgré tout, la vie continue…

Vous l’aurez compris, j’ai trouvé ce livre bouleversant et je pourrais vous en parler longuement encore, mais je ne voudrais pas trop en dire non plus !

Extraits :

« J’écris ce livre parce que j’ai la force aujourd’hui de m’arrêter sur ce qui me traverse et parfois m’envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l’emprise d’une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l’ombre. »

« « La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

Petit bonus :

Le titre est tiré de la superbe chanson « Osez Joséphine », d’Alain Bashung…

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  1. Tiens, je ne connaissais pas ce bouquin! Je n’en avais même pas entendu parler (ni même lu aucune critique le concernant). Le résumé ne me tente pas trop, mais qui sait? Toi aussi tu dis l’avoir commencé sans grande conviction. Alors, pourquoi pas? Ca m’en fait des tas de bouquins à lire en rajoutant celui-ci à ma Wish List!! J’espère ne pas mourir avant! 🙂
    Bisous!

    Réponse
    • La première critique que j’ai lue, c’était dans Glamour 😉 Tu vois la référence ! Bon après, en travaillant dans une bibliothèque, on entend pas mal de choses aussi! C’est pratique!
      Tu appelles ça Wish List, moi je dis PàL (pile à lire) hihi

      Bisoux!

      Réponse
  2. J’hésitais justement à l’acheter. Il fait partie des best seller… mais j’étais hésitante. Tu m’as convaincu!

    Bises!

    M.

    Réponse
    • Bonjour Marion!

      Et bien, si je t’ai convaincu de le lire, c’est déjà une bonne chose! N’hésite pas à venir redonner des nouvelles une fois que tu auras terminé ta lecture!

      Bises!

      Réponse
  3. Super blog!!!!

    Angela Donava
    http://www.lookbooks.fr

    Réponse
  4. Je ne connaissais pas du tout! Ca me tenterait bien de lire la 4e de couv’ pour voir!

    Réponse
  5. Recoucou c’est encore moi! Eh oui je reviens tu vois, c’est que je l’aime vraiment ton blog hihi 🙂
    En effet je dis Wish List parce que ce sont des livres que pour la plupart je ne possède pas, et d’ailleurs « wish list », c’est faux car je ne souhaite pas forcément les posséder, mais au moins les lire. Mais « Pile à lire » aurait été faux aussi du coup…ben comme j’ai marqué Wish List pour les fringues, alors j’ai mis la même chose… j’espère qu’on comprend quand même! ^^
    Quant au marque-page en coeur que l’on trouve sur cet article : http://pampeul.blogspot.com/2012/02/la-memoire-des-murs-de-tatiana-de.html, tu m’avais laissé un commentaire le 07 février en me disant qu’il t’intéressait. Alors oui je sais je mets vingt ans à répondre, pardon pardon ^_^ Mais je réponds quand même hein, tu me pardonnes? Donc voici le lien du tuto : http://www.instructables.com/id/How-to-make-an-origami-corner-heart-bookmark/ avec une vidéo certes en anglais mais très explicite tout de même, tu devrais pas avoir du mal à comprendre. Pour faire le mien j’ai sacrifié une page de Orgueil et Préjugés de Jane Austen, que j’ai détesté et je ne suis jamais arrivée à finir! ^^ Et pour le coeur rouge par dessus, j’ai simplement découpé sur du papier blanc la forme du coeur (en prenant les mesures) et colorié en rouge, parce que si j’avais colorié à même la feuille du livre, ça aurait pas été top… donc j’ai juste rajouté ça par rapport au tuto. Voilà j’espère que ça va te plaire 🙂
    Bisous!

    Réponse
    • Ca c’est de l’explication dis donc! Merci beaucoup en tous cas! T’inquiète, j’ai bien tout saisi les nuances entre Wish list, pile à lire, tout ça, on se comprend très bien! Je vais aller jeter un oeil à ce tuto, j’ai plein de livres de poche à sacrifier dans ma bibliothèque, ça pourrait aussi constituer une jolie animation pour les enfants ! Merci encore et merci de tes visites régulières!

      Bises

      Réponse
  6. La post est super!!!

    Angela
    http://doigt.net

    Réponse
  7. J’avais vu l’auteur dans « La grande librairie  » fin 2011, envie de le lire, et je le redoute un peu aussi !! pas courageuse en ce moment, mais il est dans ma « playlist »

    Je lis « Ocean songs » de Kersauzon en fait cela fait 2 fois de suite, que je lis, ce bijou de vocabulaire un brin salé… une finesses d’images qui claquent comme une voilure de Pen Duick IV, drôle et libre.

    « J’ai choisi ce métier pour aller chercher des notes de musique en mer, pour aller danser un soir d’escale à Fortaleza. Je fais confiance au voyage pour qu’il me conduise dans le tourbillon émotionnel du monde » (Tiens cela me rappellerai presque JMG Le Clezio) mais avec plus de caractère et en moins anthropologue !

    « L’Iroise, hé hé, c’est autre chose. C’est le royaume de la peinture à l’huile. Quatre saisons dans la même journée. C’est tranché, violent, coupé net comme avec une feuille de boucher. C’est presque un noir à la Pierre Soulages qui fait frissonner. Puis, dans le quart d’heure qui suit, le ciel se débouche et vire au gris métal. Puis à nouveau, le voilà qui fronce les sourcils et vire au noir, marqué d’un liseré d’or à l’horizon.

    L’Iroise est une mer sanguine qui plante ses couverts dans la table. On ne rentre pas en mer d’Iroise par effraction. En plus, elle a souvent le poil hérissé. Il s’agit d’une zone météorologiquement très attaquée par les dépressions. Une zone hennissante qui ouvre son poitrail en hiver. Ici, la tempête est toujours sur le feu de la gazinière. Prête à être servie. Une zone où il ne faut jamais se fier à la pitié du ciel. C’est une zone de courants puissants. Le territoire des cailloux. Evidemment très peu empruntée par les plaisanciers. Les Anglais passent la pointe du Raz mais toujours en compulsant l’annuaire des marées. Et trois fois pour être bien certains que l’annuaire dit vrai. « .

    « je n’ai jamais revendiqué une appartenance quelconque. Les références ethniques, religieuses, raciales, me déplaisent au plus haut point. »

    ah ah du vent dans les cheveux !
    @+
    Veronica.

    Réponse
    • Coucou!

      Je connais de Kersauzon, mais pas du tout son livre! J’ai hâte de lire ton avis sur Delphine de Vigan, si tu as le courage de t’y attaquer! N’hésite pas!
      A plus plus!

      Réponse
  8. embêtant ce je n’est je n’ai !

    Réponse
  9. J’aime beaucoup les livres de Delphine de Vigan !
    Osez osez Joséphiiiine!

    Réponse

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